Un Giro en Vallée de Chevreuse

Un Giro en Vallée de Chevreuse : 201 km, 1480 m de D+ pour une aventure cycliste inoubliable

6h30, samedi 18 octobre, place de Briis-sous-Forges. Tandis que la ville dort encore, trois d’entre nous – Luc, Olivier et moi-même – enfourchons déjà nos vélos pour rejoindre le point de départ du “Giro”, ce parcours insolite et magnifique, dessiné à la forme de l’Italie.
Les trois autres – Tonio et les deux Philippe – nous retrouvent en voiture puis filent au départ, aux Essarts-le-Roi.

Une fois tous réunis, l’excitation est bien là : récupération du carnet de pointage, derniers réglages, quelques plaisanteries… puis nous nous élançons, encore enveloppés par la nuit.

Rouler dans le noir : une première, une liberté immense

Avec nos gilets jaunes et nos éclairages, nous découvrons le charme unique du vélo de nuit. Pour certains, c’est une grande première, et la sensation est presque magique :
les bruits se font plus nets, la route paraît plus large, les montées presque plus faciles… et surtout, cette impression de liberté totale sur des routes désertes.

Puis apparaît le lever du soleil, un moment suspendu. La brume se teinte d’orange, et trois montgolfières colorées s’élèvent doucement dans le ciel, parfaitement assorties aux nuances de l’aube.
Un spectacle hypnotisant dont on voudrait prolonger chaque seconde.

Du froid mordant à la douceur retrouvée

Le jour se lève, mais la fraîcheur reste saisissante. Certains regrettent de ne pas avoir prévu un équipement plus chaud.
Une pause salvatrice plus tard, nous repartons vers le premier point de tampon, à Bazainville, dans une petite épicerie où nous faisons halte.

L’ambiance est excellente : les lièvres attendent les tortues, les groupes se reforment, et la magie de l’endurance opère. Chacun trouve son tempo.
Tonio, en jambes, accroche un groupe plus rapide et file : nous ne le reverrons qu’à l’arrivée !

Nous croisons aussi Alexis, du club, parti plus tôt et avançant à son propre rythme.

Pour ma part, le doute s’installe : est-ce que je vais vraiment réussir à boucler la boucle ? Le gros du dénivelé est à venir et mes jambes ne sont pas encore réveillées.

Ravitaillement gourmand à Clairefontaine

Le deuxième point de tampon nous attend à Clairefontaine, où la boulangerie devient soudain l’endroit le plus attirant du monde.
Sandwichs au soleil, terrasse, chaleur retrouvée : le contraste avec la fraîcheur du matin est frappant. On se sent déjà un peu en Italie.

Nous repartons, mais Philippe souffre de violentes douleurs intestinales. Le courage est de mise ; pédaler ainsi relève d’un véritable exploit.
Nous traversons ensuite les villages où nous habitons. La tentation de s’arrêter chez soi est grande… mais l’envie de boucler ce Giro est bien plus forte.

Et pour moi, miracle : les jambes sont revenues. La pause a été bénéfique.

La fatigue, les douleurs… et la détermination

Au troisième point de tampon, à Saint-Chéron, à environ 150 km, dans une boulangerie, chacun gère comme il peut.
Certains avalent encore du sucré, d’autres ne supportent plus l’idée d’en manger. À ce stade, c’est le mental qui fait avancer.

Luc, sur son nouveau vélo et sa nouvelle selle, souffre terriblement du postérieur, mais serre les dents.

Le groupe reste solidaire, soudé jusqu’au bout.

Enfin, l’arrivée. On nous remet une médaille… en forme de botte italienne, évidemment !
Photos, collation, sourires : la satisfaction est immense.
Enfin… sauf pour ceux qui doivent encore rentrer à vélo.

Le retour vent de face : 25 km de plus

Pour Luc, Olivier et moi, l’aventure n’est pas terminée.
Il reste 25 km pour rentrer… avec un vent de face bien décidé à nous compliquer la tâche. Heureusement, mes deux compagnons de route se relaient pour me protéger du vent : une vraie équipe jusqu’au bout.

Une journée inoubliable

Ce Giro restera gravé, parcours exigeant mais magnifique.
Une nuit magique, un lever de soleil irréel, des rigolades, des douleurs, du courage, des pauses gourmandes, du vent, du soleil et surtout :
une journée entière partagée avec les copains.

Un voyage à travers l’Italie sans quitter l’Île-de-France, avec ce goût d’aventure que seuls les beaux parcours à vélo savent offrir.

Un immense merci aux organisateurs (l’AGSE) pour ce tracé exceptionnel et cette journée parfaitement orchestrée.

Françoise.

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