
CR – Bivouac – 24/25/26 septembre 2025
Une épreuve en duo ou maintenant en solo au cœur des Pyrénées.
Un peu d’histoire :
C’est une « course » sur plusieurs jours, typée enduro/all mountain (moderne) avec plusieurs spéciales, 5 ou 6 par jour. Le prix n’est pas avantageux, il faut débourser 700 euros par personne juste pour l’inscription, puis ensuite quelques euros en plus pour le logement dans le coin, et il faut aussi compter l’essence, les péages. C’est une course à faire « une fois » pour découvrir un nouveau lieu et y faire de nouvelles rencontres.
La préparation :
Pour ce séjour, je vais rouler avec mon enduro Banshee Titan v3.2 avec le combo amortisseur à ressort Ohlins TTX22 et fourche Fox 36. Au niveau des roues, je garde ce que j’ai actuellement, à savoir mes Mavic Deemax Sam Hill Edition, costauds bien que lourdes, et en prime je vais garder mes pneus Maxxis en carcasses Double Down et DH. En pièces complémentaires, je ramène avec moi un dérailleur supplémentaire, mais aussi une patte de dérailleur, des plaquettes de frein, un levier de frein, deux rayons, une paire de pédales. Un kit de réparation, une chambre à air, rustine, colle pour rustine, multitool, un plateau avant, un disque en 203 mm neuf. J’y vais sans prétention, mais je n’ai pas envie de casser quelque chose et de regretter, car la course est « chère ». De plus, je souhaite pouvoir continuer et arriver au bout des 3 jours sans galère mécanique. Au niveau des vêtements, 3 jours donc 3 sets de pantalon (Endura MT500), 3 maillots (Leatt Gold 4.0), 3 paires de gants (Endura), deux paires de chaussures Puma (en cas de pluie), 3 paires de chaussettes (Nike Football), 3 masques (Oakley clairs), un casque (Fox carbone), genouillères, coudières (Troy Lee et Raceface), un pare-pierre Troy Lee, un k-way (Endura), ma banane (Décathlon). La valise est bouclée, on part pour 8 h de route.
Le Duster Phase 1 sera le véhicule de choix pour cette aventure, avec en prime un chauffeur de luxe, car mon frère sera de la partie pour la logistique de Paris vers les Pyrénées. Mon collègue Fabien est également avec nous.
Jour 1 :
Ambiance détente, beaucoup de gens sont habitués à faire cet événement. Séance photo, l’événement est organisé par Full Attack, le tracé est fait par Greg Noce.
Spéciale 1 :
Une spéciale dans la roche comme j’aime. Il fait bon et beau, le but ici est de ne pas se faire mal pour rien, mais de maintenir un run constant, histoire de voir. Ayant fait beaucoup de vélo de route, je ne doute pas du tout de ma condition physique pour tenir, mais je doute de ma technique, qui a fondu comme mon engagement (moins tu pratiques, plus tu t’éloignes). Il faut donc me remettre en selle. Premier truc : ne pas écouter les conversations des uns et des autres, ne pas regarder les runs des autres (les premiers partants, c’est le meilleur moyen de se démotiver, de perdre confiance). Je m’isole donc des groupes et j’attends sagement mon tour. Mon tour arrive, c’est comme un enduro classique : une balise, trois, deux, un et… go. Je m’élance sans vraie vigueur, deux coups de pédale pour me lancer et trouver mes marques. Je ne me suis pas échauffé, je suis resté assis en attendant mon tour. Il faut donc se chauffer en bougeant beaucoup sur le vélo. Ça tabasse un peu, et je remarque que je commence déjà à taper de la roue arrière (je vois déjà les gens me dire : « Gneu gneu, moi, 75 kg, je roule à 1,5 bar à l’arrière… »). Je pèse 65 kg tout équipé, je roule à 1,6 bar à l’arrière et je tape comme pas possible. Donc, je me décide à réduire la voilure pour éviter une morsure du serpent, une roue voilée ou des chocs sur la roue. Je sais que ça fait partie du jeu (les roues sont un consommable), mais je le redis : il y a 3 jours de course, ce n’est pas le moment de tout casser ou abîmer sur le premier jour, à la première spéciale. J’ai pu rattraper 4 groupes de concurrents partis avant moi. J’ai eu droit à un petit arrêt : des vaches étaient en plein milieu de la piste, mais pas grave, ça fait partie du jeu. Je signe la première spéciale en 15 minutes. Le meilleur la fera en 13,43 minutes. Je suis le 3ᵉ meilleur temps en solo et 5ᵉ meilleur temps au scratch (équipe + solo). Vu la tronche de la spéciale 1, je pense que le classement ne bougera pas trop. Les sensations sont plutôt bonnes, je remarque juste que je manque clairement de maintien avec le vélo. Il est un peu trop « mou », et je n’ai pas ramené de ressort avec un tarage plus costaud avec moi. Tant pis, si les conditions se dégradent (c’est prévu), ça me sera utile ;).
Spéciale 2 :
Petite liaison sympa où je profite de la beauté des Pyrénées françaises. J’ai eu la chance de voir les deux versants, espagnol et français. Le côté français est plus boisé que le côté espagnol. C’est différent, mais tout aussi plaisant et rocailleux. Je ne suis pas très photo, mais mine de rien, j’apprécie la chose. Greg nous annonce que pour cette spéciale, les épingles seront de la partie et que le terrain est similaire à la première spéciale. J’ai jamais trop aimé les épingles, car il faut relancer de manière féroce, et j’appréhende un peu, car mon vélo est « long ». Mais pas grave. Cette fois, je gonfle légèrement mon pneu arrière, je réduis un peu le rebond (un clic) et je serre mon ressort au-delà des recommandations (+ de deux tours). Pour cette fois-ci, je décide de partir avant pour ne pas être trop gêné. Je laisse les meilleurs solos et équipages partir, et je m’élance. Cette fois, je commence assez fort, mais la pente est quand même bien plus forte que sur la première spéciale. Je me parle tout seul à haute voix : « Freine pas, freine pas ! », « Bloque pas ta roue ! » J’arrive à trouver la sensation pour conserver de la vitesse. J’ai plus de maintien, ma roue ne tape plus (à part quelques fois), et j’arrive plein gaz dans un pierrier sans souci. Je suis content, j’ai confiance, je continue. Première épingle, je décide d’y déraper, ça passe. Je pédale comme un forçat, la seconde épingle, nickel, ce n’est pas beau, mais ça passe. Un gros dévers bien caillouteux, j’aperçois de la poussière en contrebas : l’équipage parti avant moi n’est pas bien loin (en même temps, 30 secondes, c’est normal). Je continue, grosse pente, j’ai du mal à freiner, mes petits Cura 2 ne me stoppent pas assez. Je dérape, je passe juste sans tomber. Je continue, j’aperçois une épingle, je dérape de la roue arrière, qui tape des pierres. Je tombe en passant par-dessus mon vélo, je tombe sur la main droite en plein dans la seconde épingle (un pif paf). Mon pouce est retourné. Je décide de le remettre, ça fait mal, mais ça semble ok. Je remonte vite sur le vélo. Mon corps tremble, j’ai « peur » et j’ai « mal », ça me lance et ça me « brûle ». Je continue, j’arrive sous le bois, succession d’épingles, relance de bourrin, mais plus de pierre/danger. Je laisse couler, quelques relances que je passe sans difficulté. Je suis content, c’est la fin. Ouf, 13 minutes 47, ce n’est pas beau, je suis déçu. Malgré tout, je conserve mon top 3 en solo et je signe le 9ᵉ meilleur temps (équipe et solo). Ma main droite est engourdie, mon pouce me lance. Mon gant est plein de sang. J’ai très mal quand je tente d’enlever mon gant. Je vais donc le découper pour pouvoir l’extraire et observer tout ça. Mon ongle est gorgé de sang qui n’arrive pas à sortir. La douleur est maintenant aiguë, et je sens les pulsations de mon cœur au bout du pouce. Mon pote Fabien me dit qu’il faut percer l’ongle pour enlever le sang. À la pause de midi, je ne vais pas réussir à manger, car j’ai envie de vomir à cause de la douleur. Je vais voir l’assistance. On m’indique que le médecin est encore en haut et qu’il pourra regarder après. Je l’attends donc tout du long. Une fois là, il ne pourra effectuer l’opération mais me propose un bandage et du « froid » pour atténuer la douleur. Ma main est engourdie. Je me décide à ne pas abandonner, à poursuivre l’aventure. Je suis venu pour ça.
Spéciale 3 :
J’effectue la liaison avec beaucoup de difficulté, car j’ai mal et j’ai du mal à ne pas y penser. Je remonte péniblement. J’ai loupé le brief de Greg. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Tant mieux, ce sera au feeling. Arrivé en haut, les derniers s’élancent. Je suis bon dernier à partir. Je demande quand même à partir 1 minute après le dernier. Pas d’objection à ma demande. Le médecin me trouve un peu pâle et me demande si ça ira. Je dis que oui et que je verrai en bas. Je m’élance. Premier virage, je vois que c’est du bike park, plein de petits sauts. C’est ludique et fun, j’aime bien. Un beau virage relevé, ils ont joué avec la pente naturelle, et il y a des dévers. Je suis content, car je ne suis pas secoué et je n’ai donc pas trop mal à la main droite. Pas de folie, on assure. J’arrive en bas content de moi. Une fois à l’arrêt, la douleur est intense. Je m’arrête dans un fossé pour vomir. J’ai mal comme pas possible. J’effectue la liaison avec le plus grand mal du monde. Je trouve un concurrent avec moi. On aura même le luxe de se perdre tous les deux. Il m’aide sur une session de portage, car mon bras droit est tellement engourdi que je n’arrive plus à porter correctement mon vélo. J’effectue le reste en poussant. Arrivé en haut, les deux médecins me regardent et me disent de m’arrêter ici, qu’ils vont faire quelque chose. Je suis pâle et en sueur. J’ai mal. Je m’assois, le médecin chauffe une aiguille avec un briquet et me perce l’ongle. Le sang sous pression gicle et sort abondamment. Le soulagement est quasi immédiat. Il fait l’opération deux ou trois fois pour bien évacuer le tout. L’ongle est noir et branlant. Il me propose de ne pas l’enlever immédiatement pour ne pas mettre la chair à vif.
Spéciale 4 :
Je ne tarde pas trop, je remonte sur mon vélo. Je pompe un peu avec des flexions, histoire de m’échauffer. C’est mon tour, je m’élance. Cette spéciale aura été ma préférée de la journée. C’est un sentier avec des pierres de partout, bien en pente, long, avec une multitude de lignes. Encore une fois, mes petits freins ne me permettent pas de freiner « brutalement » comme je le souhaite. Malgré tout, ça va. C’est un sentier à l’ancienne, étroit, avec du bon speed et de la bonne poussière. C’est le genre de sentier où ton matériel est éprouvé, tout prend cher. Ça me rappelle beaucoup ce que nous avons à La Réunion. J’ai de nouveau mal sur la fin de la piste (le trou s’est bouché et l’ongle est à nouveau gorgé de sang). J’arrive en bas. Greg Noce m’attend et me demande si ça va. Je lui dis oui et que j’ai adoré cette spéciale. Il me souhaite bon rétablissement pour demain. Je rentre au bivouac. Là-bas, je me lave avec difficulté, car j’ai de nouveau mal comme un chien. Direction la loge des médecins. Tout est prêt. Un trombone est posé, une gazinière en marche, la pointe est rouge vif. Elle s’enfonce en profondeur dans le précédent trou. J’ai mal, j’ai la chair dessous qui brûle, le sang sort à nouveau. J’ai de la glace, car la jonction pouce-main est un peu gonflée. Avant de dormir, je devrai réitérer l’opération du trombone, car entre le repas et avant d’aller au dodo, j’avais de nouveau mal, mais moins. Fabien me propose un antidouleur pour le dodo. Ça m’aura été utile.

Jour 2 :
Une bonne nuit grâce aux antidouleurs de l’ami Fabien. J’ai légèrement mal, et la main est un peu raide, mais ça va. Petit-déj comme j’aime (pas trop de sucre), et c’est parti.
Spéciale 1 :
Greg nous annonce des singles et de la forêt. Je décide de partir en dernier à chaque fois durant cette journée. Même si je vais mieux, je n’ai pas trop envie de gêner. Au cas où. Première spéciale : c’est un herbier à vaches, et avec ça, les pièges classiques sous les herbes, des trous. En prime, des pierres roulantes, et au milieu de tout ça, un petit chemin. J’aime bien, je pédale bien, je prends bien les virages. Le vélo glisse des deux roues, c’est stable et ça passe bien. Rien de difficile, c’est très roulant et sans stupéfaction. Une belle perf pour ma part, avec un temps en 10 min 35.
Spéciale 2 :
Registre similaire : de la forêt et le retour des épingles. Pas d’emballement, je pars en dernier à nouveau. Je réussis à rattraper 3 équipages, dont un où le coureur aura décidé de ne pas me laisser passer, car je cite : « J’avais qu’à partir avant. » Tant pis, je subis un peu le rythme et je le double en prenant un talus par le haut. Je doublerai son pote en coupant un virage (pas vu, pas pris). Pas de commissaire présent. J’ai de nouveau confiance, et c’est de bon augure. Les deux petits sauts étaient bien cool. J’aime bien, même si je trouve que je manque de maintien. Ça me suffit amplement au vu de l’allure.
Spéciale 3 :
La plus rapide. Je pars quasi dans les derniers. La journée est bien ensoleillée, et j’aime bien. Je roule sans me mettre en danger et je m’amuse bien. Je prends plaisir. Cette spéciale est annoncée très raide dans le pentu et qu’elle est courte. Mon tour arrive, et c’est à moi de jouer. Pas de difficulté majeure, j’ai même le luxe de rattraper un équipage. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé : rapide, fuyant, avec de belles marches, des moments techniques et un peu de trial par moments. La liaison de cette spéciale est le clou de la journée. Elle est longue, avec un peu plus de 800 m de D+. Pour ma part, j’ai quasi affronté le tout à la pédale. Sur la fin, j’ai même pu discuter avec Glenn McArthur (un monsieur des EWS). C’est là que je me suis dit que je devrais faire davantage d’ultras en VTT…
Spéciale 4 :
Comme d’habitude, j’attends de partir dans les derniers. Ce sera une belle erreur, mais tant pis. Greg nous annonce que cette spéciale est longue, engagée et qu’elle est un mixe de tout ce qu’on a vu durant la journée. Mon tour arrive, et ça ne se passe pas du tout comme prévu. Ma pédale touche une pierre quasi au départ, et je tombe dans les fougères. Pas de temps à perdre, je relance du mieux que je peux. Les premiers virages sont des virages à plat, où il est possible de mettre de l’angle. Les chemins de bord sont longs et impressionnants. Il est facile de prendre de la vitesse, il faut bien regarder au loin et ne pas se focaliser sur le ravin en pente sur la droite. Le balisage est top. Je continue mon élan, j’aperçois un équipage que je double en mordant la ligne. La fin est un pierrier très intéressant à rouler, car les pierres sont petites, mais bien assez grosses. Depuis longtemps, j’ai l’arrière qui tape à nouveau, et des pierres se projettent sous le cadre. Tout passe. Cependant, je file tout droit et je loupe l’arrivée. Je dois remonter en courant pour badger et avoir mon temps. Tant pis, j’ai beaucoup aimé cette spéciale : rapide, simple, ludique, variée. Ma roue arrière est un peu voilée, mais je suis content de moi. Sur cette journée, je signe le 3ᵉ temps sur cette spéciale et je conforte ma 3ᵉ place.
La nuit sera épique avec des pluies diluviennes. Il est dit que la journée va être courte demain, car une ou deux spéciales devront être annulées, car trop dangereuses. Dommage.
Jour 3 :
Spéciale 1 :
Tout est humide, j’ai mal dormi, j’ai eu un peu froid. Il a bien plu. Greg Noce nous annonce qu’une spéciale est annulée. Ce temps humide est de bon augure pour moi. De mémoire d’homme, c’est sous la pluie que j’ai eu mes meilleurs résultats. Je me mets dans ma bulle. Au départ de la spéciale 1, Greg distille quelques conseils… et il nous annonce que cette spéciale est très courte : à savoir 2 à 3 minutes avec les conditions actuelles. Cette fois, je ne veux pas partir en dernier, mais dans les premiers. Mon souhait est exaucé. Je pars dans les 6 premiers. Je me positionne dans la file d’attente. Je modifie les réglages de mon vélo rapidement. J’ai déjà la chance de rouler en plate. Le premier virage est de la terre miroir. Ce sera un bon test pour voir si tout se passe bien et si je peux m’engager. C’est mon tour, je m’élance, deux coups de pédale, tout baigne. J’ai du bon grip, le vélo ne bouge pas. J’ai la banane, ça va être ma journée. Tout passe, je relance comme il faut, je freine prudemment, j’ai même le luxe de faire les sauts. Je double 2 équipages partis avant moi. Top, je signe le 2ᵉ meilleur temps de cette journée, à 12 secondes du premier. Je suis galvanisé. Je sais que je peux encore faire mieux.
Spéciale 2 :
Il annonce que nous en avons pour sept minutes avec les conditions actuelles. Je pars en 4ᵉ position. Le grip est encore meilleur que dans la première spéciale, car la terre est en sous-bois, elle est meuble. Je rattrape l’équipage devant moi. Le premier ne me laisse pas passer, et je perds un peu de temps. Je le double sur une relance dans un virage qu’il prend en extérieur et moi en intérieur. Ce qui, en sortie de virage, va lui couper sa ligne. Rouler en sous-bois avec ces conditions est juste féerique. J’adore tout ce qui se passe. Je suis galvanisé, le vélo me le rend bien. À croire qu’il est taillé pour rouler dans la boue. Je file tellement que j’en oublie de badger (oui, déjà la fin de la spéciale sur une longue ligne droite, où j’ai eu du mal à m’arrêter). J’ai trouvé que la fin de la spéciale était mal située… Mais ce n’est qu’un avis. Je fais 1 min 47 secondes. Je suis toujours deuxième meilleur temps de la journée.
Spéciale 3 :
Une belle liaison en pente douce, où j’ai loisir de discuter avec Giusi, une rideuse qui connaît bien un ami en commun de La Réunion, qu’elle avait rencontré sur une édition de Bivouac qu’il avait d’ailleurs gagnée… Comme je suis dans les premiers, j’ai eu droit à plusieurs photos. C’est là que je regrette d’être parti en dernier sur les journées précédentes, car le photographe ne pouvait pas rester trop longtemps. Greg nous annonce que cette spéciale est longue et dangereuse dans les conditions actuelles. Je fais la queue pour avoir une photo de moi tout en boue. Le départ commence, je pars en 6ᵉ position. Mince, pas grave. C’est la dernière, je me dis que c’est maintenant ou jamais. Je m’élance plutôt bien. Les premiers virages sont à plat, puis nous attaquons la forêt. Tout est bien, les racines sont bien luisantes et donc glissantes. Je fais au mieux, rien ne bouge du moins pas trop. J’ai confiance, je suis confiant. Je rattrape le premier équipage. Les deux se suivent de près et me laissent passer sans difficulté. Je rattrape également un autre équipage. Le second me laisse passer sans encombre à mon approche, mais le premier n’est pas à l’aise. Son vélo glisse et bouge dans tous les sens. Je lui demande une première fois, puis une seconde fois. Rien ne se passe. Finalement, il chutera sur le dévers, et je pourrai passer. Enfin, je rattrape le troisième équipage, celui d’Antoine, où je m’annoncerai de la manière suivante : « Hey, Antoine ! C’est Valère, l’a mobylette réunionnaise ! » Il me laissera passer en m’encourageant. Merci à lui. S’enchaîne une belle section trialisante et physique au possible. Je pédale comme un damné, au point de ne plus trouver mon souffle et d’avoir la vision troublée. Mes efforts paient, j’aperçois l’équipe top 4 du TEA. Je m’efforce de vouloir les rattraper, mais dommage pour moi, c’est la fin, et l’arrivée est déjà là. Fiou ! C’était magique, que de bonnes et belles sensations. Rien à dire, cette spéciale m’a donné énormément de plaisir. Greg nous félicite, et j’ai eu droit de la part d’un équipage à un « Bravo, tu nous as doublés avec classe, c’était beau ! ».
Je termine 2ᵉ scratch sur cette journée, à 17 secondes du premier, et je consolide ma troisième place en solo Tout ça grâce à la dernière spéciale. Je termine 3ᵉ au scratch (toutes catégories confondues). J’ai eu droit à un petit podium et des goodies en récompense (pneu, gourde, jersey, gants…).
Bilan :
Une aventure particulière, une première pour moi. Est-ce que je reviendrai ? Peut-être, car mine de rien, c’est un événement qui reste cher et donc exceptionnel. À titre perso, j’ai beaucoup aimé le terrain de jeu des Pyrénées : hostile, varié, naturel/sauvage au possible. C’est bien et accessible pour celui qui aime le vélo à « l’ancienne ». Nous partons le jour même mon frère chauffeur viendra nous récupérer au campus du Biivouac et nous fera rentrer à 22h sur Paris (nous sommes parti à 15h ) Bravo et immense merci à lui.
Valére
